DOES OUR WAY OF SEEING REALLY BELONG TO US?




LE REGARD 001 I THE GAZE 001
FR — English version below ↓
Il y a un paradoxe qui me fascine dans notre façon de regarder le monde : notre regard se nourrit constamment de celui des autres.
Dans la création comme dans la vie, nous collectionnons les références. Images sauvegardées, moodboards, magazines, films… Dans les métiers créatifs, c’est presque un réflexe : avant même de créer, nous regardons ailleurs.
Pourtant, ces inspirations ne remplacent pas notre regard. Elles résonnent avec ce qui nous attire déjà et viennent parfois préciser ce que l’on ressentait sans savoir le nommer.
C’est peut-être ce qui me plaît finalement dans ce paradoxe : nourrir mon regard de celui des autres ne le rend pas moins personnel. Au contraire, cela m’aide à comprendre un peu mieux ce qui m’attire, ce qui me touche — et donc, ce qui le rend mien.
EN — Version française ci-dessus ↑
Does our way of seeing really belong to us?
There’s a paradox I find fascinating in the way we look at the world: our own way of seeing is constantly shaped by that of others.
In creativity as in life, we collect references. Saved images, moodboards, magazines, films… In creative fields, it’s almost instinctive: before we create, we look elsewhere.
Yet inspiration doesn’t replace our own perspective. It resonates with what already draws us in, sometimes giving shape to something we felt but couldn’t quite name.
Maybe that’s what I like most about this paradox: feeding my perspective with that of others doesn’t make it any less personal. If anything, it helps me understand a little better what draws me in, what moves me — and ultimately, what makes that perspective mine.
